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Les 3 stoppages étalon
 
3 stoppages étalon. Marcel Duchamp 1913
3 stoppages étalon 1913
Boite, Fil, toile, cuir, verre, bois, métal.
Simulacre d’expérience. Marcel Duchamp aurait laissé tomber sur des panneaux peints en bleu de Prusse, depuis une hauteur d’un mètre, trois fils d’un mètre chacun. Ensuite, trois règles en bois ont été réalisées d’après le dessin formé par ces fils. Le tout est installé dans une boîte.





Créé en 1913, cette production de Marcel Duchamp a tout d’un OVNI artistique. Pourquoi de telles formes plastiques créée à l’issu d’un geste de type expérimental ? Pourquoi y-a-t-il ces oppositions entre formes courbes et angles droits ? Quel est ce titre qui fait référence au mètre-étalon et à la géométrie ?

• Petit 1 : Dans le texte LE RIRE de Bergson (1910), de très nombreux passages opposent le mécanique au vivant, ce que Marcel Duchamp va mettre en image dans une opposition entre géométrique et souple.

« Le comique est ce côté de la personne par lequel elle ressemble à une chose, cet aspect des événements humains qui imite, par sa raideur d’un genre tout particulier, le mécanisme pur et simple, l’automatisme, enfin le mouvement sans la vie. Il exprime donc une imperfection individuelle ou collective qui appelle la correction immédiate. Le rire est cette correction même. Le rire est un certain geste social, qui souligne et réprime une certaine distraction spéciale des hommes et des événements. »

« Changement continu d’aspect, irréversibilité des phénomènes, individualité parfaite d’une série enfermée en elle-même, voilà les caractères extérieurs (réels ou apparents, peu importe) qui distinguent le vivant du simple mécanique. Prenons-en le contre-pied : nous aurons trois procédés que nous appellerons, si vous voulez, la répétition, l’inversion et l’interférence des séries. »

« Ce qu’il y a de risible […] c’est une certaine raideur de mécanique là où l’on voudrait trouver la souplesse attentive et la vivante flexibilité d’une personne »

« Le raide, le tout fait, le mécanique, par opposition au souple, au continuellement changeant, au vivant, la distraction par opposition à l’attention, enfin l’automatique par opposition à l’activité libre, voilà, en somme, ce que le rire souligne et voudrait corriger. »
• Petit 2 : Dans le langage que Marcel Duchamp invente — le « nominalisme » — et utilise dans l’ensemble de ses productions pour évoquer la création artistique et les processus de création-refus-réhabilitation, l’image du « fil » évoque toujours « l’œuvre d’art ». Par extension, d’ailleurs, lorsqu’il utilise ou représente de la toile, filet, étoffe, tissu, gaze, cuir, ficelle, grillage, corde, c’est toujours pour évoquer « l’œuvre d’art ». On a déjà vu dans un précédent chapître, que l’« Eau de voilette » était de « l’essence de chef d’œuvre ». On peut poursuivre en disant qu’à chaque fois que Marcel Duchamp utilise l’image d’une toile d’araignée, il évoque sa propre œuvre.

• Petit 3 : Duchamp parle d’unité de longueur dans les notes de la boite verte. Il est le symbole même du critère conventionnel et de la règle.

• Petit 4 : Il devient alors très difficile de se contenter de dire que « 3 stoppages étalon » est une simple production artistique basée sur une procédure liée au hasard, comme l’affirment la plupart des commentaires sur cette production, comme dans l’exemple ci-dessous :

« Les "3 stoppages-étalon" occupent à cet égard la position d'œuvre manifeste., dont l'humour conjure néanmoins toute dimension programmatique. Il s'agit d'une boite de jeu de croquet refermant trois plaques de verre sur lesquelles sont collés trois fils. Chacun de ces fils décrit une ligne courbe différente obtenue par Duchamp en laissant tomber sur une toile, d'une ahurir de un mètre et à trois reprises, un fil d'un mètre. Ces trois stoppages-étalon sont accompagnés de leurs règles à tracer épousant la forme des fils tels qu'ils sont tombés. Duchamp signe ici sa déclaration d'indépendance et l'enferme dans une boîte de "hasard en conserve ». » [Comprendre Duchamp - Marie-Mathilde Burdeau - éditions Max Milo coll. essai graphique 2014]
ou comme dans l’exemple ci-dessous :
Duchamp Marcel, quincaillerie. Benoist Preteseille. Editions Atrabile 2016.

Les "3 stoppages étalon" une production de Marcel Duchamp qui débute en 1913 mais qui se déploie et se transforme jusqu'en 1953.

croquis-diagramme Marc Vayer

Si on voit dans « 3 stoppages étalon » bien autre chose que le résultat d’une opération liée au hasard, c’est pour le formuler de la façon suivante :
La création artistique est toujours vue par Duchamp comme un dépassement des canons esthétiques et des règles ; il traduit cela, en s’appuyant sur les démonstration de Bergson dans LE RIRE, comme comme un assouplissement par rapport à la géométrie du monde réel. Le mètre-étalon des stoppages représente la réalité prosaïque, auquel s’oppose le souple de la création artistique. La création artistique est représentée comme souplesse. C’est l’alternative à la trivialité du monde réel, représenté comme raide et géométrique, évoqué par le mètre-étalon.
Les « 3 stoppages » comme série évoque quand à elle la transgression des règles académiques qui deviennent elle-même des règles, transgressées à leur tour. L’assouplissement devient une ligne droite, une règle qui contient elle-même la forme d’un assoupissement à venir.
Marcel Duchamp souvent fait référence à Courbet dont le « réalisme », avec Manet, avait transgressé les règles académiques de l’art dit « Pompier » sous la troisième République. On connait la suite où les impressionnistes bousculent la règle réaliste, ou les fauves et les cubistes transgressent les règles impressionnistes, and so on… avec les abstraits lyriques ou non, le pop art, l’art minimal, etc. [voir citation de Pierre Bourdieu en fin d’article]

Comme l’écrit Alain Boton : « La soi-disant expérience des stoppages-étalon de Duchamp décrit donc bien la création artistique. En conservant son ambivalence  : de la part des artistes elle peut être vécue comme une mystique, une recherche extatique, une sortie vers des régions où ne dominent ni le temps ni l’espace et pourtant elle nourrit un processus mécanique de transgression entièrement motivé par la vanité des regardeurs. » [Alain Boton THE LARGE GLASS DEFINITLY EXPLAINED]

« De la même façon, Manet a mis en question le cadre artistique, par exemple le rapport entre le temps de travail et la valeur. J'y ai fait allusion tout à l'heure en évoquant la question du « fini », au sens de « c'est une oeuvre bien finie ». Le fini le léché le poli, etc., était ce à quoi on reconnaissait l'oeuvre d'art. Beaucoup de gens ont remarqué que les esquisses de Couture, le maître de Manet, étaient beaucoup plus belles, du point de vue de leurs canons, que les tableaux qu'il avait finis. Ce jugement fait beaucoup réfléchir sur l'homo academicus : quand Je travaille, je me demande toujours si je ne mets pas un peu trop de « fini » dans ce que je fais. Les peintres pompiers étaient des finisseurs, le fini leur prenant beaucoup de temps : s'ils faisaient un tableau sur le régiment du 125e Dragons, ils s'interrogeaient sur la forme des boutons, faisaient des recherches historiques, etc. D'ailleurs, ils étaient jugés sur la véracité historique de leurs oeuvres et étalent des quasi-historiens.
La recherche documentaire du point de vue de l'investissement en temps de travail était quelque chose d'effrayant.
Or voilà qu'arrivent les Impressionnistes qui introduisent un mode de production tel que l'on peut faire, en beaucoup moins de temps, des choses qui demandaient des mois. Ils mettent en question la valeur - valeur travail, valeur d'usage, valeur d'échange - qui est l'objet de grandes discussions et d'interrogations : ils peignent vite, ils bâclent parfois, et pourtant leurs tableaux atteindront des prix importants. Comment cela se fait-il ? Tout cela est mis en question : l'artiste, la définition de l'artiste, la biographie de l'artiste, etc. Les impressionnistes changent tout, le contexte d'exposition, le lieu d'expositi0n, le discours à propos de l'art. Ils font, en particulier, des œuvres à propos desquelles il n'y a plus rien d'historique à dire, et donc plus rien à dire - qu'est-ce que vous pouvez dire sur Les Meules (1890-1891) de Monet ? Même dans la peinture d'histoire comme L'Exécution de Maximilien, l'objet n’est plus l'histoire, il faut investir un autre type de culture, de compétence. Peu à peu, de proche en proche, tout est changé et c’est pourquoi cela suscite des résistances très violentes de la part des critiques, parce qu'ils perdent leur job, leurs compétences antérieures ne leur servant plus : ils font dépérir tout un mode de production. C'est pourquoi on ne peut pas étudier l’œuvre en elle-même et pour elle-même : il faut l'étudier comme un « fait social total », c'est-à-dire comme contenant tout ce qu'on considère comme externe et qui en fait pourtant partie ; il faut abolir cette frontière entre l'interne et l'externe, qui est une frontière sacrée, et cesser de mépriser, parce qu'il n'y a pas d'autre mot, les analyses externes de l’œuvre d'art. Et j'espère que je contribuerai un petit peu à détruire ce mépris… » MANET une révolution symbolique Pierre Bourdieu Raison d’Agir/Seuil 2013 p 149

K. A. et M. D.

Kader Attia et Marcel Duchamp

Un beau paradoxe — que Marcel Duchamp lui-même n’aurait peut-être pas renié — vient de se vivre ces derniers jours : le « prix Marcel Duchamp » 2016 a été attribué à Kader Attia.

Marcel Duchamp devant la "Mariée mise à nue par ses célibataires même" [1925] en 1966 par Gianfranco BARUCHELLO. Sur deux grandes plaques de verre sont dessinées des figures représentant le processus de réhabilitation des œuvres d'art, de leur création et de leur choix par les "célibataires dans la partie du bas, jusqu'à l'accession à la postérité sous les traits de la "mariée", dans la partie du haut.

Etant donnés 1°, le « prix Marcel Duchamp » : ses initiateurs, — des collectionneurs associés au Centre Pompidou — se revendiquent outrageusement du nom de Marcel Duchamp depuis l’année 2000. Ce nom même, devient ainsi le signe, la marque d’un dispositif de désignation institutionnel de l’Artiste avec un grand A. Et pourtant, toute sa vie, Marcel Duchamp n’a cessé, avec des moyens différents, de montrer — s’opposer à ? — l’appauvrissement générée par ce type de processus qu’il appelait « la loi de la pesanteur », une loi de qualification des un(e)s et de disqualification des autres.
« (…) par le « ready-made » [Marcel Duchamp] démontre méta-ironiquement son pouvoir incontestable d’être cru sur parole qui est le privilège de l’artiste intégral, alors que tant d’autres doivent accumuler, au prix de dégradants efforts manuels, les preuves tangibles de leur « talent ». Si, par crainte de n’être pas reconnue, la fourmi artiste, cédant à l’obsession du travail et de la productivité, vit dans un état permanent de mendicité à l’égard du public, des critiques et des acquéreurs, l’artiste intégral, se situant à l’origine de toute valeur, n’a pas à faire confirmer la sienne par les autres. Il lui suffit, pour l’assurer, d’en conférer le sceau à des objets choisis qui deviennent ses œuvres par la grâce de cette unique impostion des mains. C’est ce que Duchamp nomme le « côté exemplaire » du « ready-made ».
Sur Marcel Duchamp Robert Lebel (1959) Editions MAMCO (2015)
 
Deux des nombreuses facettes de la production de Kader Attia "Réfléchir la mémoire". Une série de photographie, vidéos, sculptures, ready-made forment un ensemble hétéroclite, une installation labyrinthe qui évoque la notion de réparation [2016]

Etant donnés 2°, « l’artiste Kader Attia » : sans se revendiquer lui-même de la démarche de Marcel Duchamp, Kader Attia semble un des plus proches, finalement, de la démarche réelle de celui-ci. Après qu’il ait cessé de se comporter comme un artiste, à partir de 1912, Marcel Duchamp devient un anthropologue, un sociologue, un philosophe. Le Grand verre autrement nommé par Marcel Duchamp La mariée mise à nue par ses célibataires même, est le diagramme de la « loi de la pesanteur », dessiné sous la forme de la métaphore du dévoilement et de l’insémination.
De la même façon, Kader Attia file la métaphore de « membres amputés » qui peuvent encore faire souffrir ceux qui les ont perdus, pour évoquer la notion de « réparation » sous la forme d’un labyrinthe peuplés d’objets et de sculptures.
Toute discussion avec Kader Attia glisse vite vers l’anthropologie et l’ethnologie, la psychanalyse, la philosophie et l’architecture. Traquant les refoulés de l’Histoire, l’artiste a cristallisé depuis quinze ans ses recherches autour d’un thème, la réparation. Réparation à prendre au sens propre, avec les « gueules cassées » de la première guerre mondiale et les sculptures africaines suturées ou agrafées, mais aussi au sens figuré de dédommagement. Peut-on panser une blessure mémorielle ou physique ? Une prothèse pallie-t-elle la perte et l’incomplétude ? Doit-on vivre avec le souvenir d’un membre fantôme, ou accepter son irrévocable disparition ?
Article du quotidien Le monde oct 2016

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Sur Kader Attia
La vallée du M'zab prend place au Guggenheim Huffington post
Mais qui est donc Kader Attia ? | The Creators Project
L’art de Kader Attia (Emission Boomerang sur France Inter)
Dans la tête de Kader Attia (NOVA)

Réinvention et reconstruction chez Kader Attia (Thibault Boulvain 2013)

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Petite revue de presse

Kader Attia prend sa revanche sur le prix Duchamp - Culture / Next
La deuxième fois a été la bonne pour Kader Attia. Finaliste malheureux en 2005, l’artiste, né en 1970, vivant à Berlin et à Alger, remporte le Prix Marcel Duchamp, créé en 2000 à l’initiative de l’Association pour la défense de l’art français (Adiaf), et dont l’exposition se tient pour la première fois au centre Pompidou. (…)
On peut pourtant se demander pourquoi celui-là est lauréat en 2016 et pourquoi pas plutôt dès 2005 ? On en est réduit aux hypothèses, et toutes ouvrent des questions abyssales sur ce qu’est le jugement en art, le monde de l’art en France, voire la France tout court. La première, la plus logique (qui ne résout pas tout), serait de se convaincre que le travail de l’artiste est meilleur aujourd’hui qu’il n’était hier. Qu’il a gagné en audace, en formes, en surfaces, qu’il s’est étoffé. Or, il n’est jamais simple d’avoir plusieurs vies en art à l’heure où le marché s’accélère et où une des principales qualités des artistes est l’endurance. Mais, c’est aussi à coup sûr le monde de l’art en France et la réception du travail de Kader Attia qui a changé, et celle plus globalement des travaux sur les sujets du postcolonialisme et de l’identité. Il reste certes pas mal de boulot. Judicaël Lavrador
Kader Attia, un artiste rebouteux lauréat du prix Marcel Duchamp 2016 - Arts et scènes - Télérama.fr
A travers un labyrinthe associant les formes les plus diverses de la représentation, tentant de suturer les fragments d’un monde atrophié, Kader Attia propose un portrait de l’artiste en rebouteur », déclarait Bernard Blistène, président du jury, lors du discours de remise du seizième Prix Marcel Duchamp à l’artiste, le 18 octobre 2016. Il était temps. Déjà nommé en 2005, année ou Claude Closky  fut lauréat, Kader Attia explore depuis 1996 les répercussions du colonialisme sur les cultures extra-occidentales.
Né à Dugny (Seine Saint Denis) en 1970 et Berlinois d’adoption, Kader Attia est notamment connu pour « Ghost », une installation monumentale composée de plus de cinq cents priants en papier aluminium, des clones encapuchonnés, sans corps ni visage. Avec cette armée fantomatique, présentée à Lille en 2010 par le collectionneur londonien Charles Saatchi, il est déjà question de l’identité culturelle, de l’uniformisation et de l’aliénation de l’individu.
Kader Attia reçoit le prix Marcel Duchamp - Les Inrocks
L’artiste franco-algérien Kader Attia vient d’obtenir le prestigieux prix Marcel Duchamp. (…) Artiste érudit, passionné d’anthropologie, de philosophie, fasciné par l’histoire, Kader Attia  travaille depuis depuis quinze ans autour du thème de la réparation, “gueules cassées” de la Première Guerre mondiale ou sculptures africaines suturées ou agrafées, mais aussi au sens figuré de dédommagement.
Animé par une haute idée de l’art auquel il veut rendre “toute sa dimension complexe, absolue et inattendue, loin de la cacophonie annihilante de notre monde saturé de faux désirs et de certitudes… ”.
Kader Attia, lauréat du Prix Marcel-Duchamp 2016 - La Croix
Inquiet de voir ses contemporains perdus dans un « monde amnésique » qui refuse de se confronter à son histoire et à ses fantômes par « peur du passé », Kader Attia s’interroge sur la manière dont l’homme peut réparer son corps, réel ou symbolique. Ainsi, dans son installation intitulée « Réfléchir la mémoire », il file la métaphore avec ces « membres amputés » qui peuvent encore faire souffrir ceux qui les ont perdus, comme le constataient patients et médecins, notamment au lendemain de la Guerre de 1914…
Entouré de sculptures, un film documentaire où interviennent des scientifiques, psychanalystes, chirurgiens, artistes… constitue le centre de gravité de l’œuvre couronnée par le Prix Marcel-Duchamp.
Arts plastiques : le Franco-Algérien Kader Attia remporte le prix Marcel-Duchamp - JeuneAfrique.com
Né à Dugny, en Seine-Saint-Denis (93) de parents algériens, Kader Attia a été formé à l’École supérieure des arts décoratifs de Paris et à l’École des Beaux-Arts de Barcelone. À la croisée d’influence multiples – la vie en banlieue dans un milieu cosmopolite, l’ambiance des marchés où il gagne ses premiers revenus, le service civil au Congo-Brazzaville… – il commence par s’exprimer à travers la photographie, avant de proposer des installations traduisant tout à la fois l’inconfort et la richesse de ses diverses identités. Un distributeur automatique proposant du gin hallal et un manuel pour perdre l’accent de banlieue, une collection de prêt-à-porter estampillée elle aussi hallal, strings y compris, voilà quelques œuvres qui assurent sa renommée au milieu des années 2000.
Lutter contre l’obscurantisme
Les années passant, il s’éloigne un peu des œuvres politiques trop bavardes, varie les techniques et prolonge à travers ses films et installations une réflexion sociétale sur notre présent, entre consommation effrénée et replis identitaire. Fini le temps du Chéri(e), café Bar qu’il tenait à Belleville et où il servait du Whisky – Mecca-Cola, voici venu le temps de La Colonie. « Ouvrir un espace culturel et engagé, dédié aux arts visuels, à la musique, à la performance, à l’expression au sens large, en passant par la pensée critique, dans une société et à une époque où les voies d’expressions libres sont chaque jour recadrées par le conformisme institutionnel, c’est lutter contre la montée du fascisme et de l’obscurantisme, écrit-il. Résister contre le poids du déni national a toujours nourri ma sensibilité d’artiste et ma pensée de chercheur. De la pensée à l’acte, j’ai longtemps rêvé d’un lieu où, depuis l’extérieur du périmètre interdit, il serait enfin possible d’échanger, de dialoguer, d’oeuvrer à réparer une société qui n’en fini plus de se fragmenter… Ensemble, à travers la musique, les arts, le spectacle, et les débats, La Colonie va faire tout ce qui est en son pouvoir pour se ré-approprier cet espace abandonné par l’opacité de notre monde. » Pour fêter cet événement, et le prix Duchamp qu’il vient d’obtenir, Kader Attia lance dès le 21 octobre un colloque sur le thème de « L’appropriation inventive et critique », et invite tout le monde à partager « le couscous de [sa] mère ». Voilà une belle manière de créer des liens.
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l’ADIAF (l’Association pour la diffusion internationale de l’art français) et le prix Marcel Duchamp
(…) A l’image de l’artiste essentiel qui lui prête son nom, ce prix souhaite rassembler les artistes de la scène française les plus novateurs de leur génération et encourager toutes les formes artistiques nouvelles qui stimulent la création.
(…) Le PRIX MARCEL DUCHAMP est organisé depuis l’origine en partenariat avec le Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, qui a choisi d’ouvrir son mode de sélection d’artistes exposés par le biais du regard des collectionneurs. Depuis 2005, la FIAC, Foire internationale d’art contemporain de Paris, s’est associée aux organisateurs et offre une large vitrine aux artistes sélectionnés, leur apportant une visibilité supplémentaire auprès des collectionneurs français et étrangers.

Kader Attia, lauréat 2016 du Prix Marcel Duchamp
(…) L’ambition de son propos comme la diversité de son approche et de ses pratiques, l’extrême pertinence de son œuvre ont convaincu les membres du jury. Conjuguant une réflexion constante sur l’opposition entre conscience individuelle et collective à partir de la métaphore de la perte qu’incarne dans sa pratique actuelle la notion de «membre fantôme», Kader Attia nous conduit à une réflexion personnelle sur la situation d’un monde plus divisé que jamais. À travers un labyrinthe associant les formes les plus diverses de la représentation, tentant de suturer les fragments d’un monde atrophié, Kader Attia propose un portrait de l’artiste en rebouteur.
déclare Bernard Blistène, Président du jury.

(…) L’art a parfois ce talent de prémonition, cette capacité à saisir les vibrations d’un monde en mutation. Le travail de Kader Attia a ce pouvoir fascinant. J’exprime aussi ma grande admiration pour les trois autres artistes nommés, également présentés au Centre Pompidou, dont les œuvres montrent la diversité, la profondeur, la puissance de la scène artistique en France.
Souligne Serge Lasvignes, Président du Centre Pompidou.

(…) Je veux saluer un artiste exceptionnel de par sa générosité naturelle et sa hauteur de vision. Merci au Centre Pompidou pour cette première exposition des quatre artistes nommés pour le Prix Marcel Duchamp qui témoigne de la vigueur de notre scène francaise.
Rappelle Gilles Fuchs, Président de l’ADIAF

Les lauréats précédents : Thomas Hirschhorn (2000) – Dominique Gonzalez-Foerster (2002) – Mathieu Mercier (2003) – Carole Benzaken (2004) – Claude Closky (2005) – Philippe Mayaux (2006) – Tatiana Trouvé (2007) – Laurent Grasso (2008) – Sâadane AFIF (2009) – Cyprien Gaillard (2010) – Mircea Cantor (2011) – Daniel Dewar et Grégory Gicquel (2012)- Latifa Echakhch (2013)- Julien Prévieux (2014), Melik Ohanian (2015).
Sources :

Sitographie, etc...

Louis Michel Eilshemius (1864-1941) |

Oh, la belle somme documentaire ! Ne cherchez pas, c'est là !

A compléter avec la bibliographie, ici et avec des documents en PDF, ici


GENERALISTES
 

| Le répertoire d'images de la Réunion des Musées Nationaux
| Le répertoire d'images du musée de Philadelphie
| Marcel Duchamp world community 
| Dossier Marcel Duchamp sur le site du centre Pompidou
| Très long article riche en iconographie [blog Art plastique du Lycée Simone Veil de Vallebone] 
| sitographie et liste d'articles sur le site Dadart
 Duchamp points... lignes, plans, gaz. [blog O. Jullien textes et propositions sur les arts plastiques] 
| Marcel Duchamp en 6 articles sur documents dada : M.D. I, M.D. II, M.D. III, M.D. IV, M.D. V, M.D. VI,
| Marcel Duchamp sur Artplastoc : article 1, article 2, article 3, article 4. 
| Web pédagogique Penhouet : Détournement : Duchamp et l'urinoir - fontaine 
| Web pédagogique Penhouet : Echec et Mutt 
| Dadaparis : Blog "au temps de l'œil cacodylate" |


EN PARTICULIER

| Etude sur la première scénographie surréaliste de Marcel Duchamp par Margaux Van Uytvanck
 Boite en catalogue 1912 2012 par A. Colet (sur Au livre bleu) 
| Cinq petites choses à propos de L.H.O.O.Q. [André Gervais 2011] 
| Une histoire de poils par Sébastien Rongier 
| L'écho dans l'urinoir [en trois parties, de Gaspard Delanoé, web-doc ARTE 2014] 
| Network of stoppages par Laurent Jaumouillé 
| Changer de nom, simplement, entretien avec Guy VIAU, le 17 juillet 1960 [blog documents dada] 
| Sur des portraits de Marcel Duchamp [the dynamic of portraiture] 
| Marcel Duchamp mis à nu par ses célibataires, même Lecture démonstration Philippe Découflé 
| L'œil cacodylate de Françis Picabia [e-cours d'arts plastiques] 
| Rapprochements improbables (sur ARTPLASTOC) : Marcel Duchamp et Gabriel Orozco 
| La mythologie hermétique d’Étant Donnés : 1° la chute d’eau, 2° le gaz d’éclairage par Yiannis Toumazis
| Une halle normande à Beaubourg, commentaires sur la scénographie de l'exposition L'œuvre de Marcel Duchamp 1977 Centre Pompidou [Angelica Gonzalez] 
| Etant donnés... au Musée de Philadelphie
| Duchamp dans la quatrième dimension : à propos d'une carte postale de M.D.
| La postérité est une belle salope : lettre de M.D. à Jean Crotti 
| Forum L'art comme on l'aime : Enquête à propos de "Tu m'" 
| Archives DADA à L'Université de l'Iowa 
| Sur le film anémic cinéma 
| Avant Marcel Duchamp, les enfants terribles de l'art sur Toppfériana 
| Brancusi vs Les Etas-Unis 
| Genèse de la boite verte sur LivrEsC
| Cut-up et ready-made textuel par Gaëlle Théval 
| Manuel d'instructions pour le montage d'"Etant donnés..." - Museum Philadelphie 
| Sur "Why not sneeze, Rose Sélavy ?" par A.Collet (sur Au livre bleu)
| Duchamp et l'urinoir Fontaine Blog Histoire des arts, ni l'un ni l'autre
| Fac similé de Blind Mind n°2 may 1917 |  
| Traité élémentaire de géométrie à quatre dimensionset introduction à la géométrie à n dimension, Jouffret 1903 (PDF) |
Louis Michel Eilshemius (1864-1941), par Stefan Bantz
| Notes de lexture correspondance Roché-Duchamp, par Laure Bordonaba |  
Le mystère de la boite verte, périgrinations d'une boite verte offerte, par Olivier Salon (PDF) |  



LE GRAND VERRE 

| Visite du Grand verre par Jean Suquet [L'échoppe 1992 - site TOUT-FAIT, the Marcel Duchamp studies online journal 
| Animation du grand verre [Jean Suquet 1993]
| Le grand verre par Christian Schmitt (Sur nouveau Cénacle)
| L'érotisme de précision de la Machine par Herman Parret 
| Une animation 3D de la machine par Michal Maruška


ESSAIS

| Essai sur la bicyclette et M.D : Marcel Duchamp, Samuel Beckett, and the Avant-Garde Bike (Jack Kennedy 2001) 
| Marcel Duchamp éditeur par Jérôme Dupeyrat [sur Tomobolo] 
| Raymond Roussel, une écriture à double entente (Jean Michel Bony) 
| Le paysagiste en haut d'un aéro [Béatrice Joyeux-Prunel 2012]
 De quelques figures du textile dans l'œuvre de Marcel Duchamp [Jean-François Robic - 2010]
| L'as-tu vu ce ready-made ? par Hans Maria de Wolf 
| Le dandysme de Marcel Duchamp par Giovanna Zapperi 2005 
| La légende du Grand verre par Pascal Goblot 
| A museum that is not par Elena Filipovic (riche icono photos)
Merde à Duchamp, le magazine du Stroumf émerget, par Nicole Esterolle |  
| ITW dans la Galerie Givaudan par Philippe Colin, 1968 |  
L'invention du robot, Blog Hyperbate |  
Les opérations mentales musicales de Marcel Duchamp, par Sophie Stévance |   


OUVRAGES
 

| Déplier Duchamp : passage de l'art Par Dalia Judovitz (google books 
| Duchamp TRANS/formers Jean-François Lyotard / Préface d'Herman Parret (google books) 
| Le rire de Bergson(mai 1900) texte intégral 
| La perception du changement conférence Bergson 1911 texte intégral |

VIDEOS
 

| Entretien avec Philippe Colin [Ready-made] 1967 Galerie Givaudan
| Entretien avec Man Ray [10 juin 1964 - INA] 
| Anemic cinéma (1926) sur Ubuweb | 8 x 8 : A Chess Sonata in 8 Movements (1957) sur Ubuweb 
| Music for Marcel Duchamp (John Cage 1947)
| Etant donné..., vidéo d'un visiteur au musée de Philadelphie
| Sons et interviews de M.D. sur UBUweb 
| Compilation de vidéos (youtube) sur M.D.
| Oral history interview with Eve Babitz, 2000 June 14 (texte + son) 
| Emission télévision interviews nombreux 1971 esprit Dada
| Some French Moderns Says McBride par F. Naumann
| Conférence sur les "nouvelles fables de Fountain", Conférence de Michaël Lachance et Pascale Bédard 2019 |  
| Marcel Duchamp révolutionne l'art. Emission autant en emporte l'histoire, France Inter |  


AUTOUR d'ALAIN BOTON 

| L'ultime Ready-made par l'artiste anonyme [2007 - site de Journal du MAUSS]
| Marcel Duchamp artiste ou anthropologue ? par Alain Boton [2011 - site de Journal du MAUSS] 
| Marcel Duchamp par lui-même ou presque (conférence Alain Boton (2013) 
| 10 articles, making-off de la fabrication du livre "Marcel Duchamp par lui-même ou presque" Editions FAGE [sur le site D-FICTION]
La robinetterie paresseuse, à propos de l'expo ThE FOUNTAIN ARChIvES 2008 - 2017 de SAÂDANE AFIF
| Interview d'Alain Boton 2013 (sur le site "Le nouveau cénacle")
| Réponse à Alain Boton et Adeline Christova par Raphaël Jodeau [Sur le site "Sauvons l'art"]
| Sur le livre d'Alain Boton par A. Colet [site "au livre bleu") 
| La loi anthropologique de M.D. (ITV Alain Boton) [de 5:35 à 8:30 sur France Inter émission de Mathieu Vidard] |
| Entretien avec Alain Santacreu (contrelittérature)